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Conduire au Japon

30/11/2009 un commentaire

Clairement, se déplacer en voiture au Japon n’est pas forcément le moyen le plus judicieux pour les touristes, c’est même une décision totalement absurde pour tous ceux qui peuvent compter sur les divers « pass »  type JR pass illimités accessibles avec un visa temporaire. Le Shinkansen fait des miracles et vous pourrez facilement combler la plupart des séjours en transport en commun. C’est pourquoi l’on trouve assez peu de documentation sur la conduite au Japon et la raison d’être de cet article !

Car dans certains cas … l’usage et la location d’une voiture se révèle la seule alternative possible tel l’expatrié qui ne peut prétendre au JR pass. En effet, le coût réel d’un trajet en Shinkansen est extrêmement élevé : de l’ordre de 15.000 yens pour un Tokyo / Osaka. Ainsi pour celui qui ne dispose pas d’un énorme budget et qui ne voyage pas seul, la location d’une voiture se révèle vite indispensable comme pour  tout ceux qui désirent véritablement sortir des sentiers battus et prendre la pleine mesure de l’île d’Hokkaïdo.

Les magnifiques routes de montagne à proximité du circuit d'Okayama
Les magnifiques routes de montagne à proximité du village d’Hattoji.

Cette page se propose de vous faire partager notre expérience et … quelques astuces :

  • Validité du permis Français au Japon :

Les permis de conduire Français ou International ne sont pas valables pour les ressortissants Français comme pour tous ceux dont les pays n’ont pas ratifié la convention de Genève de 1949 sur les permis de conduire au Japon.

– Aussi, pour les Français qui résident au Japon pour une durée inférieure à un an :

Il suffit d’obtenir une traduction agréée en Japonais de son permis de conduire. Elle peut s’obtenir soit à l’ambassade ou au consulat soit auprès de la JAF ( Japan Automobile Federation ) qui possède des antennes dans la plupart des grandes villes. Nous avons effectué une traduction auprès de la JAF. Celle-ci a été réalisée – sans rendez-vous – en 30 minutes.

– Pour les Français qui résident au Japon pour une durée supérieure à un an :

Il faut obtenir un permis de conduire Japonais dans l’année qui suit l’arrivée au Japon. Toute la procédure est détaillée sur le site de l’ambassade : ( http://www.ambafrance-jp.org/article.php3?id_article=781 )

  • La conduite à gauche au Japon :

Les conbinis sont ouverts 24h/24
Les conbinis sont ouverts 24h/24

La conduite au Japon ne pose pas de difficultés particulières passés les quelques kilomètres nécessaires pour s’habituer à la conduite à gauche. De plus, tous les véhicules de location ou presque étant proposés avec boîte automatique, tout est tout de suite plus simple . Tous les véhicules de location exceptés certains utilitaires sont également équipés d’un GPS, ce qui réduit considérablement le stress au volant. Enfin, pour être paré, vous pouvez télécharger un essentiel du code de la route en Anglais sur le site de la Japan Automobile Federation au format PDF.

Le réseau de station-services est très étendu et l’essence moins chère qu’en France (le SP 95 ou regular étant grosso modo aux tarifs du gazole chez nous). Vous trouverez également le long des routes et en ville, nombre de « conbini », sorte de « grosses superettes » dans lesquelles vous trouverez tout ce qu’il faut pour vous ravitailler, y compris des plats chauds ou à faire réchauffer sur place.

  • La circulation au Japon :

Sans surprise, la circulation est extrêmement dense tout au long de la journée que ce soit en ville ou à leurs abords. L’un des principaux points noirs réside dans le fait que les Japonais ignorent l’existence des ronds points, ce qui ne fluidifie pas le trafic … Sans caricaturer, en ville, attendez-vous à un carrefour tous les 200m à peu de choses près ; et sur route, c’est à peine mieux. Trafic ou pas, votre moyenne ne sera pas fantastique.

Une solution possible est de voyager de nuit :

Points positifs :

– Si vous empruntez l’autoroute, vous éviterez tous les embouteillages entre 22h et 5h du matin environ. Le gain sera conséquent.
– Sur le réseau secondaire et en ville, un certain nombre de feux rouges (mais c’est loin d’être la majorité, ne rêvez pas) sont à l’orange, ce qui améliore grandement la donne.

Points négatifs :

– C’est également ce que font bon nombre de camions. Ainsi sur l’ensemble du réseau secondaire, où il est impossible de doubler (ligne continue permanente) sauf voies aménagées, votre vitesse sera celle du poids lourd.
– Dans les centres-villes des grandes agglomérations qu’il vous faudra traverser si vous utilisez le réseau secondaire, feux et embouteillages seront de la partie, même à des heures avancées de la nuit.

  • Les vitesses moyennes au Japon :

Commençons par annoncer les limitations de vitesse :

– 40 km/h en ville
– 60 km/h sur le réseau secondaire
– Entre 80 et 100 km/h sur les autoroutes et voies express

Sur autoroute, ces vitesse ne sont pas respectées – il n’y a presque pas de contrôles -, beaucoup roulant entre 100 et 120 km/h. Mais dans l’ensemble, votre vitesse moyenne ne sera pas transcendante (interdiction de doubler excepté sur les voies aménagées, poids lourds, voitures-« tortues » … De plus, les Japonais sont les rois du déboitage de dernière minute sur la voie de droite … à 80 km/h, bien entendu).

Précisons également que les Japonais « adorent » rester sur la voie de droite, même s’ils ne doublent personne et roulent lentement (60-80 km/h). Préparez-vous donc à réaliser un slalom droite-gauche, afin de vous frayez un passage (nous ne savons toujours pas si le Japon est un pays autorisant le dépassement sur les deux côtés ou si c’est une nécessité que certains japonais – et nous avec – se permettent, devant les réalités du trafic …).

  • Pourquoi choisir les réseaux secondaires ?

C’est un choix à la fois économique et esthétique. En effet, si l’auto peut se révéler le mode de transport le plus intéressant à plusieurs, encore faut-il étudier le coût des péages. 1100 Yens (8,50€) uniquement pour sortir d’une grande ville (Nagoya) par exemple. Comptez ensuite un minimum de 10-12000 Yens (75-90€) pour des destinations un peu lointaines (400-500 km), soit le prix d’un billet de Shinkansen qui vous fait faire le trajet en 2h alors que vous allez en mettre 6 en voiture, même sur autoroute ! (Plus, fatigue, parking, essence, etc.) Tous les tarifs indiqués sont valables pour un aller, bien entendu, donc doublez les chiffres pour un aller-retour …

De plus, les autoroutes sont à 90% bordées de sublimissimes clôtures en tôles, de murs, de talus, etc, qui vous permettront uniquement d’admirer la couleur du ciel. Mais rien du paysage ! De plus, au Japon, vous arrivez très très vite dans les montagnes ; bilan : tunnels sur tunnels, ponts fermés par ses mêmes barrières opaques, etc.

En bref, le réseau secondaire permet d’éviter les coûts prohibitifs des péages et de profiter du paysages et de certaines routes de montagnes absolument magnifiques. De plus, vous pourrez tout de même souvent profiter de voies rapides gratuites. Malgré cela et c’est le principal inconvénient, vous doublez facilement votre temps de trajet … Pour profiter du Japon, ne soyez pas pressés !

  • Les parkings au Japon :

Un parking ascentionnel au Japon
Un parking ascensionnel au Japon

Bonne nouvelle : il est très facile de se garer à n’importe quel endroit en ville … et les parkings sont assez exotiques. Ainsi vous pourrez garer votre voiture sur un plateau suspendu (!), sorte d’ascenseur.
Mauvaise nouvelle : cela se paye … très cher !

Il n’existe pas ou quasiment pas au Japon d’emplacements de parking en bordure des rues gratuites ou avec parcmètre. Vous serez obligés de vous garer dans un parking souterrain / aérien / ascensionnel (!) ou via un sabot qui bloque le départ de votre voiture tant que vous n’avez pas payé (Attention, une fois payé, vous n’avez que 5 minutes pour quitter votre place de parking, sinon le sabot se remet en place !). Leur coût est prohibitif (200 yen la 1/2 heure par exemple !). L’idéal est de trouver un logement en centre ville doté d’un parking quitte à le payer un peu plus cher, l’économie est vite réalisée !

  • Louer une voiture au Japon :

Plutôt que de communiquer toute une série de lien, je préfère donner le site – en anglais – qui, à l’heure où est publié cet article, offre les meilleurs tarifs : Tocoo Travel (http://www2.tocoo.jp).
A la manière d’ Autoescape en France, il s’agit d’une société qui revend des journée de location achetées à des loueurs traditionnels. La location in fine s’effectue auprès de leur réseau. A l’heure actuelle, c’est en louant chez Nissan-rent-a-car par l’intermédiaire de Tocoo Travel que j’ai pu trouver les meilleurs prix (autour des 10.000 Yens (75 €) la location d’une auto de type Kei pour un WE assurance comprise).

Si vous comptez aller skier, sachez qu’il est très facile – et bon marché (1.500 yens (12€) de plus par jour en moyenne) – de louer un véhicule doté de 4 roues motrices, même pour les plus petites citadines de type Kei. En effet au Japon, la plupart des constructeurs commercialisent des versions à transmission intégrale de leurs modèles. Vous trouverez des Micra (March) 4×4, des Yaris (Vitz) 4×4 …

Enfin si vous désirez un peu plus de « fun », les locations de véhicules sportifs sont bien moins onéreuses qu’en France. Notez toutefois qu’ils sont bridés et réservés, pour ceux que j’ai pu trouver, aux plus de 35 ans. Si cela vous dit vous pouvez louer une Nissan GT-R pour 35.000 yens par jour (270 €).

  • La conduite en hiver au Japon :
Une route typique sur l'île d'Hokkaïdo

Une piste de ski route sur l'île d'Hokkaido

Le Japon présente la particularité dans ses régions exposées aux flux d’air sibériens d’être particulièrement enneigé sans même parler de l’île d’Hokkaïdo sur laquelle la location d’une automobile se révèle indispensable pour celui qui entend réellement en découvrir toutes les facette qui est recouverte de neige 5 mois par an.

Si sur les grands axes et autoroutes les services de la voirie sont particulièrement efficace, le « salage » des routes est extrêmement partiel. Limité à certains axes ou virages. Ainsi la plupart des routes ne sont que « damés » sans carricaturer encore plus enneigées que la plupart des stations de ski des alpes du sud. S’y aventurer dans ces conditions nécéssite quelques précautions :

– Avoir une expérience minimale de la conduite sur neige et glace
– Louer impérativement un véhicule dôté au de pneus neige sauf envies suicidaires
– La location d’un véhicule à transmission intégrale (4 roues motrices) est hautement recommandée (même les plus petits modèles sont proposés dans ces version pour 1.500 yens à peu près par jour de location en supplément).

  • Utiliser un GPS en Japonais :
Notez la fonction "analyse écologique de votre conduite"
Notez la fonction « analyse écologique de votre conduite »

Rassurez vous … nul besoin de parler Japonais pour parvenir à l’utiliser. En effet ils proposent une saisie alternative de destination par numéro de téléphone !

Notez que la plupart des GPS équipant les autos de location sont tactiles, au format 16/9 et proposent un lecteur de carte SD pour visionner ses photos, lisent les mp3 et font office de téléviseur. La saisie de la destination n’est en revanche pas possible sans le frein à main tiré. Une astuce sur certaines autos (Nissan March) consiste alors à tirer légèrement le frein à main afin d’allumer le voyant (sans effet sur les freins) afin que le passager puisse saisir l’adresse. Sur d’autres (Nissan Pino), il faut que l’auto soit arrêtée ET le frein à main tiré.

– Tutoriel vidéo : saisie d’une destination

Ce tutoriel vous indique comment saisir une destination au moyen d’un GPS japonais. Il s’agit ici d’un GPS Nissan équipant une Nissan Micra ou March mais on le retrouve dans d’autres modèles de la gamme.

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