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Lotus Elise 111 1.8 120ch mkI : l’ essai d’ Auto’Roule

Essai réalisé par Nono & Florian en août 2002
Photographies : Ted7 & Florian

 » Simplissime  » …

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

GT 40, Beetle, PT Cruiser … autant de nouveautées simples réminiscences d’un passé glorieux. Le phénomène n’est pas nouveau … de Rousseau à Brassens, la tendance à sublimer le passé source re repères n’est pas neuve.
Quel intérêt alors que cet article/essai voué au culte d’une auto dépassée car renouvelée si ce n’est au final pour idéaliser dans une période de répression à outrance une auto aussi attachante qu’innovante …
Tentons de faire la démonstration que l’Elise plus que la simple nouveauté qui a sauvé Lotus a fait plus qu’ouvrir une brèche : elle a tout simplement réinventé la notion de progrès automobile.

Si les révolutions techniques en aéronautique avaient été comparables à celles effectuées au cours du siècle dernier en automobiles, les avions seraient toujours bi plan … tout juste dotés d’un système de freinage performant et l’hélicoptère devrait sortir dans 5 ans …

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

Cette image, facile, ne fait qu’illustrer le peu d’évolutions du secteur au final depuis 100 ans. Il n’a jamais qu’été question que transcription d’équipements de conforts venus d’autres domaines. Les commandes toutes électriques présentées actuellement comme le fin du fin (concept car GM) sont utilisées depuis 20 ans par l’aviation civile … Quand aux il suffit de regarder la fiche technique des autos de compétition des année 50 qui délivraient aisément des puissances spécifiques de V-TEC Honda !
Au final l’auto du XXI° siècle n’est point très différente de celles des années 50 mais présentent elles pour autant un certain progrès ? Au niveau de la modernité des équipements,  de la noblesse mécanique, d’un style novateur ou d’une philosophie essentielle ?
Allez savoir pourquoi, les 475 ch ostentatoires d’une E 55 AMG me font moins frissonner que les 250 d’une R5 maxi-turbo … et les équipements qui ne sont que recréation d’un salon roulant  aussi prétentieux qu’inutiles, frein au plaisir automobile … l’Elise renverse la notion de progrès, en fait en en faisant la disette. Un éloge de la simplicité … révolutionnaire ?

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

Analyse folle et abus de psychotropes ? Peut être, mais quitte à ce que les frappés de Stuttgart  lancent un contrat sur nos têtes, toujours est il que la dernière 911 turbo que la clientèle Porsche qualifie très justement de « machine électroménager à faire de la vitesse » ne nous font pas rêver … Il leur manque le caractère sensuel, exceptionnel, celui de la bête capricieuse se prêtant à une relation passionnelle telle qu’actuellement et quitte à paraitre aussi borné qu’un Jospin en campagne, seul TVR est capable de distiler …

L’Elise sans comporter la démesure et la bestialité d’une Cerbera y ajoute l’accessibilité … c’est incomparable !
Toujours plus vite … alors que décroissent les émotions. D’un PSM castrateurs aux ESP, AFU … toujours plus sur, toujours plus fort mais sans émotions.
Come-back technologique, l’Elise réinvente la notion de simplicité. Cette révolution est sortie en 1996 d’un marasme financier dans les petits ateliers de Lotus.

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

En bannissant toute technologie de pointe, l’Elise se fait prémonition du futur automobile.
Au delà du simple ascétisme, ce dernier pour la première fois se fait affriolant : de dépouillée voire rachitique … empreinte de Chapman, elle devient envoûtante.
10 années passées, cet éloge pourrait se résumer à ces seuls derniers mots pour consacrer l’Elise est devenu oraison … funèbre. L’Elise n’a pas foncièrement changée, elle s’est même bonifiée… seule sa clientèle a changée. De simple et passionnée, hédoniste, l’Elise est devenue ostententoire chantre des beaux quartiers, veuleries que tout cela, plaisir distillé est avant tout personnel mais force est de constater que de part une politique tarifaire en augmentation de plus de 40% l’Elise s’est fort bien éloignée de l’esprit du petit roadster ludique de 1996 …

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

Toute la force de l’Elise réside en sa masse on ne peut plus réduite. A titre indicatif la structure en aluminium revendique une masse de 70 kg qui expliquent en grande partie les 770kg de l’ensemble ! Souvenez vous à la même époque, Renault commercialisait le Spider … tout aussi dépouillé mais plus lourd de 200 kg ! De là à en déduire que Renault Sport à du certainement être un des tout premiers acheteurs d’Elise à fins de dépeçage !
Ne le répétez surtout pas mais lors de notre visite des ateliers du petit constructeur PGO, nous avons aperçu une Élise mkII se promener dans l’atelier … nous vous laissons libre des déductions !
Il convient de dire que la cure a été importante ! Utilisation massive de l’aluminium et détails subversif, alors que la doxa des roadster s’interrogent sur la présence ou non d’une capote électrique en option, sur l’Elise, c’est la capote elle même qui est en option !

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

On ne vous apprendra pas grand chose en vous disant … qu’en termes de tenue de route s’il fallait retenir une auto pour sa vivacité, sa précision, son équilibre … ce serait là aussi cette dernière !
Même sa tenue de cap élément toujours sensible sur des autos à moteur central demeure excellente même si en cas de fort vent latéral, la faible répartition des masses (39% environ sur le train avant) n’est pas sens influence sur le train directeur, fermeté est alors de rigueur !
Que dire alors du comportement en courbe ! Derrière le petit volant Nardi de 320 mm (dépourvu de toute possibilité de réglage nldr), assis à 4.5 cm du sol … le moindre mouvement de direction (non assistée, faut pas charrier !) se traduit par la réaction souhaitée. Non seulement on lit la route à souhait mais l’on place l’auto à souhait !
Sur petites routes de montagne ou sur l’on ne peut plus vallonné et technique du circuit de Nîmes-Ledenon, l’Elise s’est montrée remarquablement équilibrée pour ne pas dire exemplaire … et survireuse ! Autrement dit, gare à vous en cas de ré accélération en appuis et brusque : le train arrière décroche alors. C’est esthétique, cela fait du bruit, distille adrénaline mais peut surprendre.

Absence de mouvements de caisse, motricité exceptionnelle … que pouvons nous dire d’autre ! Tout ici est pensé pour une seule notion : la sportivité … point la sportivité de bas étage, celle des gros moteurs dans une grosse caisse qui font le même effet que de boire un verre d’eau, mais pensée, étudiée, préparée … position première du cahier des charges.

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

Le tableau aurait pu être idyllique … il n’en demeure pas moins mais quelque chose de crucial nous chagrine : la motorisation : le très bien connu bloc d’origine Rover monté entre autre sur la MGF … certes, objectivement avec seulement 120ch, compte tenu de la masse réduite de l’auto, les performances n’en demeurent pas moins excellentes … cela pourrait arrêter bien des des grincheux me direz vous ! Alors tant pis si certains afficionados lancent un contrat eux aussi sur nos têtes ! L’Elise comporte de gros défauts … à commencer par sa motorisation … et sa boîte !
Ainsi inévitablement, la première pensée qui vient à l’esprit est celle d’un immense gâchis … ! Plus que la misère, le gaspillage est intolérable … et à la vue des qualités du châssis, voir ce moteur s’essouffler passé la barre des 5.500 trs …
De même, sa poussée manque de naturel. Les performances sont là mais la sensation indescriptible de disposer d’un bloc en inadéquation avec la philosophie de l’auto est une incommensurable … castration !

Et ceci sans compter la boîte de vitesse tout aussi dépassée … passage de rapports rugueux … bref, une boîte avec laquelle il convient de se battre pour peu que l’auto ait quelques milliers de kilomètres … !

Pour autant, les ingénieurs de Lotus avaient ils le choix ? Non, assurément compte tenu de leur situation financière.
Toutefois – fruit d’un partenariat avec Toyota – vont voir le jour sous le capot de l’élise les motorisation 1.8 VVT-i et VVTL-i de la Celica. L’idée d’intégrer le bloc VVTL-i assèche la gorge ! Reste à savoir si l’augmentation de la masse qui va s’en suivre -le bloc Rover K étant un modèle de légèreté- ne va point être rédhibitoire.

Lotus Elise 1.8 120ch
Lotus Elise 1.8 120ch

Il ne s’en faudrait pas pour autant de grand chose : la rapidité est là mais l’ensemble manque d’homogénéité … de suffisance … bref, les limites de l’utilisation d’éléments de grande série ! Qui plus est l’étagement serait à revoir, le dernier rapport trop long contraignant fréquemment à engager le rapport inférieur.
Pour autant dix années passées, on ne retient qu’elle. Précurseur, le marché risque fort de se scinder ainsi : autos ludiques et dépouillées contre salon roulant aseptisés. En attendant, de simplissime, passionné, le roadster anglais s’est embourgeoisé, sa clientèle aussi …

Essai réalisé par Nono & Florian en août 2002
Photographies : Ted7 & Florian

Les points positifs :
Les points négatifs :
Caractéristiques du véhicule essayé :
– Masse réduite
– Comportement routier entrainant
– Performances intéréssantes
– Utilisation piste
– Motorisation éprouvée
– Boîte de vitesse rugueuse inadaptée
– Motorisation peu en rapport avec le caractère.
– Réseau de distribution et d’entretien réduit.
– Soucis chroniques du bloc K (joint de culasse …)
– Comportement à la limite



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